Une organisation ne se transforme pas en installant un outil. Elle se transforme en organisant méthodiquement trois dimensions : la circulation de l'information, la répartition effective des tâches entre humains et systèmes, et la responsabilité associée à chaque décision.
C'est la démarche de l'architecture, telle qu'elle s'est imposée dans l'ingénierie du bâtiment et dans celle des systèmes d'information critiques, que nous appliquons à l'intelligence artificielle : une étude préalable rigoureuse, une conception dimensionnée à la réalité de l'organisation, une mise en œuvre supervisée à chaque étape.
Cette rigueur a une conséquence directe sur notre conception du travail : nous ne concevons aucun système destiné à se substituer au jugement humain. Un système d'intelligence artificielle exécute un périmètre défini ; il ne décide pas de ce qui relève de la responsabilité professionnelle, médicale, juridique ou institutionnelle de ceux qui l'utilisent.
Un système n'est prêt à être déployé que lorsqu'il est capable de reconnaître les limites de son propre périmètre et de le signaler, plutôt que d'improviser une réponse en dehors de ce qui a été prévu. C'est ce critère, la capacité à s'arrêter avant l'erreur plutôt que la capacité à répondre à tout, qui distingue, à nos yeux, un système opérationnel d'une démonstration.